IVY LIGUE

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Atelier en projet

Entre pratiques « vertes » (semer, planter, végétaliser ou « renaturer »), expérimentations artistiques et dispositifs universitaires (questionner et produire des savoirs), cet atelier vise à repenser le campus de Paris 8 - Vincennes-à-St Denis en tant que « champ » ouvert à l’expérimentation : lieu où favoriser l’implantation de (contre)-modèles non arborescents, comme y appelaient Deleuze et Guattari : herbes, mousses, lierres et lichens, ou toute autre espèce végétale « compagne ».

Les domaines d’intervention de cet atelier transversal (avec composante dynamique sur site) se situent au croisement de :

  • nouvelles articulations de la recherche en pratiques écologiques, écoféministe et écoqueer, à partir d’un corpus philo-botanique et de notions telles que celle de plante synanthrope  la synanthropie désignant la capacité de certaines espèces (flore ou faune) à bénéficier d’une association avec un habitat urbain ou anthropisé.
  • Cet atelier sera également l’occasion d’interroger des éléments de langage tels que « renaturation » ou « artificialisation » des sols, ainsi que d’inviter des questions reliées aux genres et aux récentes convergences de luttes écologiques et éco-queers.
  • Un troisième champ d’action implique l’intervention artistique à partir de la « boite verte » de Marcel Duchamp, auteur d’une Rain Room, d’une pelle à déneiger et d’une feuille de vigne femelle. Ses ready-made sont des sources d’inspirations multiples pour un autre écosystème, à partir desquels inviter/inventer d’autres projets de « récupération », de recyclages, et de branchements transdisciplinaires.
  • Expérimenter : cet atelier prévoie un déplacement in situ pour localiser des possibilités de végétaliser/reverdir un champ « culturel » en tant que dispositif susceptible de transformer chacun.e en « acteur.rice ».

Description

Cet atelier transdisciplinaire vise à échafauder des passerelles en vue de la « réclamation » (reclaim) des communs : un « campus » constituant une forme de commun (common) lisible à la fois comme champ de savoir et sol partagé sur lequel faire croître des formes d’interactions entre vivants « humains » et non-humains. Un atelier de 2 heures est prévu, permettant d’articuler la présentation de recherches contemporaines sur les symbioses et d’opérer une critique de la notion de « parasitisme », longtemps restée un concept clé pour penser les relations inter-espèce. Comment transformer un campus en « boite verte » ? La plantation de lierre, dont les rameaux fertiles se propagent au hasard des supports et des hôtes, est une des pistes à suivre, en lien avec une marche exploratoire sur site, avec repérage et inventaire des interstices où greffer, machiner, laisser émerger de façon adventice. Le lierre grimpant permet d’héberger des insectes, de lutter contrer les effets du réchauffement climatique. Contrairement à sa réputation de « parasite », il n’endommage pas les supports mais les protège. Rampant, il protège les sols. Recouvrir, revégétaliser (à moindre coût) les interstices d’un campus, permettrait d’y inviter une expérimentation trans-espèce, ouverte aux métamorphoses  , d’y aménager des espaces potentiels, des fonds d’œuvre (comme la verdure d’Etant donnés) et d’y respirer un air dépollué, libéré de son ampoule (Duchamp, « Air de Paris » (1919).

Lorsque Duchamp quitte Paris pour New York en 1919, il emporte avec lui un ready-made portable, une ampoule pharmaceutique vidée de son contenu et resoudée. Duchamp se définie alors comme « respirateur ». La respiration et la circulation sont au cœur des préoccupations duchampiennes.

Parmi les plantations proposées de nombreuses plantes peuvent être mentionnées, outre le lierre grimpant, reconnu pour son absence d’impact négatif sur les supports, et qui fleurit à la rentrée du calendrier universitaire : de septembre à octobre. Cet atelier sera l’occasion d’évoquer d’autres espèces « compagnes », pour reprendre la formule de Donna Haraway : « nous ne sommes pas autonomes, notre existence dépend de notre capacité à vivre ensemble ». (When Species Meet, p. 4) ; et de resituer le questionnement végétal et les questions climatiques dans le contexte des études de genre auxquelles se rattachent les trois porteur.e.s du projet, sur fond de « politique régénérative des corps » (O. Potot, « Nous sommes tout.e.s du lichen, Chimères n°82, 2014/1).

Organisatrices

Alexandra PICHETA

Eugénie PERON-DOUTE

Marie Dominique GARNIER

Procedural vines by Gabriel Giamarchi, using perlin noise from Stefan Gustavson.